Et le Tai Chi Chuan dans tout ça?

Mis à jour : 14 août 2019


Taichi Chuan, art martial interne, pratique de santé, chemin de connaissance, creuset  de la tradition millénaire chinoise.


Taichi Chuan ou Taiji Quan?

Il y a deux manières d'orthographier cet art, la plus répandus dans nos contrées est Taichi Chuan, et puis il y a la transcription en pin yin, la transcription phonétique chinoise officielle : Taiji Quan , qui si on voulait se rapprocher de la prononciation juste, se prononcerait "taïdji tchouane". Voilà, ceci étant dit, par commodité, habitude et facilité de compréhension, j'utiliserai principalement la première ortographe, Taichi Chuan.


Une définition du Taichi Chuan

Le terme Taichi seul est avant tout un concept, concept représenté par ce symbole bien connu de tous, d'un cercle contenant le Yin (noir) et le Yang (blanc),  avec un point noire dans le blanc, un point blanc dans le noir. Yin et du Yang, deux principes opposés et complémentaires en interaction, transformation et perpétuel mouvement, chacun contenant le germe de l'autre.

Le terme Chuan se traduit lui par "poing" et par extension "boxe". Le Taichi Chuan peut donc se traduire par "Boxe du Taichi ", art martial basé sur les principes du Taichi, interaction dynamique du Yin et du Yang et toutes les idées que cela sous-tend (perpétuel changement, accord dynamique des contraires, vide médian pivot autour duquel ces deux principes s'articulent, circularité, spirale).

Le Taichi Chuan peut donc se traduire par "Boxe du Taichi ", art martial basé sur les principes du Taichi, interaction dynamique du Yin et du Yang et toutes les idées que cela sous-tend.

Wu et Wen

Dans l’approche traditionnelle l’art martial trouve son équilibre entre les vertus « civiles » Wen, préserver la santé, équilibrer corps et esprit, nourrir le principe vital, et les vertus « martiales » Wu, entrainement aux techniques de combat, développement des aptitudes physiques.

Précisons que le Taichi Chuan ne se réduit pas à l'apprentissage d'une forme, celle-ci n'est qu'un aspect de la pratique. L'essentiel de la pratique passe par les Jiben Gong, exercices fondamentaux, et le Nei Gong, travail interne,  qui viendront nourrir la forme et la façonner de l'intérieur. C'est le chemin qu'empruntent les arts martiaux dits internes:  l'aspect invisible, informel, détermine et anime la forme, le visible. Cependant la forme étant le contenant on se doit d'équilibrer la pratique en  cultivant la précision du geste et la condition physique. De même la lenteur n'est qu'un moyen et non une fin en soit, ainsi la pratique peut aussi bien être rapide, explosive alors qu'à l'opposé certains exercices peuvent exiger l'immobilité.


Taichi-gym et Taichi Chuan

On pourrait dire qu'en Chine il y a deux Taichi Chuan: la gymnastique et l'art martial. En Occident quand on pense au Taichi Chuan on a immédiatement ce cliché d'un groupe de gens en tenue chinoise pratiquant une chorégraphie lente et douce aux aurores au coeur d'un parc.

Ça, ce n'est qu'un des aspects de la pratique, celui que l'on peut relier à une gymnastique prophylactique, c'est ce que j'appelle par commodité le taich-gym. Ici, point de Chuan, point de boxe. Et puis il y a l'art martial traditionnel, le Taichi avec le Chuan. Là, en Chine, vous ne verrez que rarement une chorégraphie pratiquée en groupe, mais des pratiquants s'exerçant séparément à un mouvement, un exercice, un "éducatif" particulier, souvent en tenu de tous les jours ou survêtement, rarement en tenues “chinoises”. Et si pratique à deux il y a, c'est au travers d'une confrontation martiale, le Tuishou qui développe certaines qualités propres au Taichi Chuan ou le sparring libre, le Sanshou. Le public et leur condition physique est là aussi bien différent, même si tous les âges s'y côtoient, la pratique traditionnelle et martiale rassemble souvent beaucoup plus d'hommes.


En conclusion

Le Taichi Chuan ne saurait donc être réduit à une simple gymnastique douce, une idée d'ailleurs bien vite oubliée pour celui qui aborde cette pratique et réalise l'étendue de sa finesse technique et l'engagement physique et intérieur nécessaire. Ainsi, au-delà des idées reçues le Taich Chuan peut faire transpirer et emmène inévitablement son lot de courbatures.

Comme tout art c'est avant tout une Voie, une "mise en accord", un chemin vers l'extérieur (les autres, la nature...), vers l'intérieur (connaissance de Soi), un pont entre les deux. Un art qui nous parle de rythmes, de résonance et d'écoute.

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