Aux origines du Qi Gong (1)

Mis à jour : 12 juil. 2019

Cet article est le premier d’une série consacrée aux origines du Qi Gong. Bien souvent, les pratiques corporelles, que ce soit arts de santé, arts martiaux ou pratiques d’éveil (sachant que bien souvent les trois s’entrelacent) telles que nous les connaissons à notre époque moderne, sont issues d’une subtile alchimie de légendes, de mythes et d’histoire (avec un grand « H »).

On y retrouve aussi bien l’influence de la médecine traditionnelle chinoise, des pratiques alchimiques taoïstes, que des pratiques prophylactiques ou encore de la spiritualité bouddhiste.


Dans ce premier article consacré aux origines de ce que l’on nomme aujourd’hui le Qi Gong, je souhaite partager avec vous un chapitre tiré du livre de la sinologue Catherine Despeux, spécialiste reconnue du taoïsme et auteure de nombreux articles et ouvrages académiques sur le Tai Chi Chuan, l’alchimie taoïste et les arts de santé chinois. Ce chapitre est extrait d’un de ses livres qui est une étude et une traduction d’un grand classique des pratiques internes du Souffle (Qi) de la fin du 16e siècle, La Moelle du Phénix Rouge :


---- Le Qi Gong, qui signifie littéralement « exercice et maîtrise du Qi » , ne fait que reprendre, sous une autre appellation, les divers procédés appelés autrefois « pratiques pour nourrir la vie » (Yang Sheng) : massage, mouvements gymniques, exercices respiratoires, procédés mentaux et spirituels, en particulier ceux des méthodes taoïstes appelées « alchimie intérieure » (Nei Dan). Ces exercices sont destinés à maintenir la santé d’un individu et à accroître la qualité de sa force vitale. (…)

Toutes ces techniques ont une existence ancienne et remontent à l’antiquité. Le terme Qi Gong lui-même est ancien et plonge ses racines dans la tradition taoïste. Sa plus ancienne occurrence se retrouve dans un écrit des Tang (619-907), dans lequel il est dit ceci :


« Les merveilleux chapitres décrivant les « actions du Souffle » (Qi Gong) présentent de nombreuse analogies avec ceux sur les techniques du souffle. Mais dans le monde, on compte à peine une ou deux personnes capables d'en comprendre la quintessence et de les maîtriser ».


Dans le passage ci-dessus, le terme Qi Gong est synonyme de « procédé du souffle », technique employant à la fois le souffle externe dans les exercices de respiration et de gymnastique, et le souffle interne dans les divers procédés de visualisation et de concentration. Quelques siècles plus tard, à l’époque des Song (960-1279), le terme est attesté avec un sens légèrement différent : celui d’« efficience du Souffle ».

Ces exercices sont destinés à maintenir la santé d’un individu et à accroître la qualité de sa force vitale.


Dans son acception moderne, les deux sens anciens de Qi Gong, « procédés du Souffle » et « efficience du Souffle », sont combinés, et le terme a été extrait du contexte taoïste pour être intégré à des contextes multiples. Le titre de deux ouvrages publiés respectivement en 1915 et 1929 utilise ce mot pour désigner la force issue des exercices sur le Qi et son utilisation martiale. L’emploi du terme comme méthode de guérison est attesté seulement en 1934 : un certain Dong Tao publie à Hangzhou un ouvrage intitulé Méthode thérapeutique spécifique pour la tuberculose : le Qi Gong. Mais la véritable naissance du Qi Gong date de l’ère maoïste. En décembre 1955, le ministère chinois de la santé reconnut officiellement l’intérêt thérapeutique du Qi Gong, ensemble de techniques tirées de leur contexte spirituel pour prendre un aspect quasi scientifique. Cette pratique fut encouragée et enseignée officiellement dans un certain nombre d’universités en Chine. La plupart des hôpitaux de médecine traditionnelle des grandes villes employaient un ou plusieurs médecins soignant par le Qi Gong et enseignant ces techniques.

Mais la véritable naissance du Qi Gong date de l’ère maoïste. En décembre 1955, le ministère chinois de la santé reconnut officiellement l’intérêt thérapeutique du Qi Gong, ensemble de technique tirées de leur contexte spirituel pour prendre un aspect quasi scientifique.

L’ouvrage que nous avons traduit, la Moelle du phénix rouge (Chifeng Sui), présente des procédés du Qi Gong traditionnel, à l’époque on employait le terme « technique pour nourrir la vie » (Yang Sheng), réunis à la fin du 16e siècle par Zhou Lüjing. On ne peut trouver meilleur exemple d’un ensemble de méthodes incluant exercices corporels, exercices du Souffle et exercices de l’esprit. Celles-ci remontent pour la plupart aux premiers siècles de notre ère. Le choix de l’auteur est extrêmement judicieux, il a sélectionné parmi les textes les plus cités et les méthodes les plus utilisées par ses prédécesseurs comme par ses contemporains. ----


Catherine Despeux, Le Qi Gong de Zhou Lüjing, La Moelle du Phénix Rouge, éd. Guy Trédaniel, 2011.


Nei Dan, alchimie interne

À la lumière de cet article nous comprenons que l’origine du Qi Gong tel que pratiqué de nos jours est complexe et multiple. Nous pouvons ainsi constater que nombre de pratiques anciennes regroupées sous l’appellation Yang Sheng ont été modernisées, et au passage amputées de certaines de leur composantes pour donner naissance au Qi Gong de santé moderne.


Vous pouvez retrouver certain des Qi Gong présent dans la Moelle du Phénix Rouge sur notre site de cours de Qi Gong en ligne. Ces méthodes y sont présentées dans la leur version moderne, claire et accessible. Elles contiennent cependant en leur sein des éléments bien plus anciens, les reliant au courant des pratiques taoïstes internes. Éléments qui ne demandent qu'à éclore au rythme d'une pratique pleine et régulière. Nous vous proposerons ainsi le Qi Gong des 6 Sons (Liu Zi Jue), les Huits Brocards (Ba Duan Jin) ou encore le Jeu des Cinq Animaux (Wu Qin Xi). Les Liu Zi Jue sont déjà présents dans notre bibliothèque, les Ba Duan Jin arriveront en août et les Wu Qin Xi en septembre.


Bonne pratique !

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